Les forêts roumaines témoignent d'un déboisement agressif que les autorités peinent à contrôler et qui met en péril les gardes forestiers.
Deux employés de l'office roumain des forêts Romsilva ont été tués cet automne dans des secteurs distincts du pays où ils étaient en patrouille.
L'un des gardiens, Liviu Pop, forestier dans le Maramures (nord), a reçu une balle dans le dos peu après avoir prévenu par téléphone qu'il avait surpris trois personnes en train de couper illégalement du bois. Un mois plus tôt, c'est l'un de ses collègues de Iasi (nord) qui avait reçu un coup de hache dans la tête.
Les gardes forestiers ont manifesté à deux reprises, en octobre et novembre, pour faire entendre leur ras-le-bol.Une dizaine de gardes forestiers interrogés par l'AFP ont assuré avoir déjà été menacés voire attaqués.
En Roumanie, où les forêts couvrent un tiers du territoire (7 millions d'hectares), la filière bois représente quelque 126.000 emplois déclarés et 3,5% du PIB.
Une partie des arbres abattus servent de bois de chauffage, notamment en zone rurale où habite encore un Roumain sur deux. Le marché international de l'ameublement et du bricolage consomme l'autre partie de la ressource via l'implantation en Roumanie de plusieurs groupes étrangers, dont le poids lourd autrichien Schweighofer, qui travaillent avec de nombreux intermédiaires locaux.